2 février 2022 : Journée mondiale des Zones Humides

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts…

Nous traversons tous ensemble une double crise : la crise climatique et la crise de la biodiversité. Chez Fishare nous croyons que chaque initiative qui sera faite même au plus petit niveau sera une précieuse victoire pour préserver notre ressource première : l’eau.
Et oui ! Car sans eau de qualité, sans zones humides riches en biodiversité nous perdrons petit à petit l’émerveillement de cette connexion avec le vivant subaquatique et terrestre, nous perdrons ce que l’on aime tant, ce rapport avec la nature, la rivière, les lacs, les étangs, les poissons, la pêche.

Aussi, nous souhaitions mettre en lumière - allez disons-le, osons le positif - nous souhaitons FÊTER ! cette journée mondiale des zones humides car elle doit nous rappeler au combien (que nous soyons pêcheurs ou non) notre rôle de défenseur de ce bien commun universel est important.

Mais qu’est-ce qu’une zone humide ?
Pourquoi cette journée mondiale des zones humides ?
Depuis quand cette journée mondiale existe-t-elle ?
Qui l’organise ?
Qui s’implique en France sur ce sujet ?

Une zone humide c’est quoi ?

Les zones humides couvrent environ 3% de la surface terrestre.

Il peut s’agir aussi bien d’écosystèmes d’eau douce, que d’écosystèmes marins et côtiers, naturels ou artificiels.

  • Les zones humides d’eau douce comprennent : les cours d’eau, les lacs, les étangs, les plaines d'inondation, les tourbières, les marais et les marécages.
  • Les zones humides marines et côtières comprennent : les estuaires, les vasières, les marais salés, les mangroves, les lagons, les récifs coralliens et les récifs de coquillages.
  • Les zones humides artificielles comprennent : les étangs d’aquaculture, les rizières, les retenues, les marais salants.

Vidéo réalisé par GLOB avec le concours du CEN(Conservatoire des Espaces Naturels d’Auvergne), le Parc National des Volcans d’Auvergne, les étudiants en BTS GTN du lycée Henri Qu’elle de Neuvic.

Pourquoi sont-elles en danger ?

Malheureusement avec le développement de nos modes de consommation et d’une industrialisation non maîtrisée de certaines régions, il existe des facteurs qui sont très impactants et dégradent fortement les zones humides.


Cette journée mondiale des zones humides a pour but de mettre en lumière les causes profondes de cette dégradation afin de construire les actions visant à limiter leur impact.

Les différentes causes et raisons de la mise en danger des zones humides

Une journée mondiale des zone humides ?… Une journée pour une cause de plus ???

Les objectifs de cette journée mondiale sont, sommes toutes, très terre à terre mais d’une nécessité absolue avec 3 objectifs majeurs vitaux :

  • Améliorer les moyens d’existence,
  • Contrecarrer les changements climatiques,
  • Faire cesser la dégradation de la biodiversité.


Et comment on fait ça nous direz-vous? Et bien simplement en maintenant nos écosystèmes en bonne santé! Pour cela il est important de disposer de ressources humaines, de talents, d’énergie, de motivation, et des ressources financières pour mettre en oeuvre les projets qui seront menés en faveur de la préservation les zones humides et mettre un terme à leur dégradation et à leur disparition.

Qui est à l'origine de cette sensibilisation mondiale ?

Cette journée a été décrétée pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne.

La Convention sur les zones humides est le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement.


Ce traité a vu sa légitimité s’imposer en raison de la grande préoccupation des pays et des ONG initiateurs de cette convention face à la dégradation croissante de la biodiversité des zones humides et de la destruction galopante des habitats du vivant (surtout à l’origine pour protéger la faune ornithologique migratrice souvent regroupée autour des points d’eau).

Puis en 1997, une journée mondiale fut instaurée pour ancrer durablement cette dynamique. Cette journée permet de rassembler, de connecter et d’encourager des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et des groupes de citoyens pour lancer des actions de sensibilisation auprès du grand public au profit de la préservation et de la restauration des zones humides.

Les acteurs signataires de la Convention sur les zones humides ont pour objectif de non seulement agir sur leur territoire mais aussi s’engagent à collaborer pour déterminer des objectifs et construire des projets conjoints internationaux.

Ils se réunissent tous les trois ans en Conférence des Parties contractantes (COP). Durant cette conférence, ils déterminent un programme de travail et votent un budget pour une période de trois ans. Ils débattent ensemble afin de convenir d’un cap sur les axes de travail prioritaires concernant les questions environnementales les plus urgentes.
Cet organe représentatif est appuyé par un groupe d'évaluation scientifique et technique chargé de fournir une expertise utile à la faisabilité des projets.

La Convention s’entoure également de différents réseaux mondiaux, de partenaires institutionnels et reconnus avec qui elle travaille en partenariat. Ces partenaires peuvent être du secteur public, du secteur privé et autres ONG nationales ou internationales.
Certains sont depuis longtemps acteurs et au coeur des projets et sont devenus des membres officiels de la Convention comme : Birdlife International, l’UICN – Union internationale pour la conservation de la nature, Wetlands International et le WWF.


Les Nations Unies ont encensé cette journée du 2 février lors de leur Assemblée Générale du mois d’Août 2021.
Elles qualifient les zones humides comme l'un des écosystèmes les plus précieux du monde, qualifiant cet écosystème comme essentiel dans l’équilibre et les maintien de la vie sur terre avec a lui seul la capacité, s’il est préservé, d’atteindre en jouant son rôle de régulateur, 10 des 17 Objectifs de développement durable (ODD).

L’urbanisation : transformer un phénomène croissant et inquiétant en opportunité

Aujourd’hui, quatre milliards de personnes (c’est-à-dire presqu’une personne sur deux) vit en zone urbaine, et cela va s’intensifier dans les 30 prochaines années.
Ce qui laisse encourir un danger sur les zones humides qui sont rapidement « englouties » par les besoins de l’urbanisation. En effet, l’extension urbaine a comme conséquence de conquérir des terres constructibles pour répondre à des besoins de logement ou de services. Ces terres, souvent considérées à l’abandon, sont perçues sans intérêt économique. Il est donc urgent de la classifier et de lancer des projets pour leur préservation.

Et pourtant…
Si ces zones humides sont entretenues et bien gérées elles ont un bénéfice direct envers les habitant et la biodiversité. En effet, par leur présence elles vont absorber les excédents de pluies lors des tempêtes réduisant par la même les inondations et donc réduire l’impact des dégâts économiques. Elles vont par ailleurs développer de la végétation qui jouera le rôle de filtres des eaux usées ménagères voire industrielles en l’absence de système de gestion des eaux usées. Enfin elles vont, par le développement de la végétation, créer des puits de décarbonisation de l’atmosphère.
Elles sont donc essentielles et bourrées d’avantages et il est donc capital que les villes se saisissent de ces opportunités écologiques.
Certaines villes en France ont déjà compris les enjeux et se sont distinguées dans leur prise en compte de leurs zones humides à savoir : Amiens, Courteranges, Pont Audemer, Saint Omer…

Dans le monde LES ZONES HUMIDES classées par RAMSAR c’est :

  • 2435 zones humides d’importance internationale
  • Une surface totale de 254 685 425 Ha
Carte du classement des zones humides par RAMSAR

 

Le tout premier Site Ramsar du monde est la péninsule de Cobourg, en Australie, inscrite en 1974. Les plus grands sites sont Rio Negro en Brésil (120 000 km²), Ngiri-Tumba-Maindombe en République démocratique du Congo et le golfe de la Reine Maud au Canada; ces sites couvrent chacun plus de 60 000 km². D’autres sites ne couvrent pas plus d’un hectare.

Les pays qui possèdent le plus grand nombre de sites sont le Royaume-Uni (173) et le Mexique (142). La Bolivie a inscrit la plus vaste superficie : 148 000 km² protégés par la Convention; le Canada, le Congo, la Fédération de Russie et le Tchad ont chacun inscrit plus de 100 000 km².

Source : Site web Ramsar

Les 3 mesures d’urgence exposées lors de cette journée mondiale

1 VALORISER la multitude des avantages et des solutions fondées sur la nature qu’elles offrent.

2 Les GÉRER de manière rationnelle et les utiliser de manière durable pour en préserver la santé et en assurer la conservation.

3 Les RESTAURER pour faire renaître la richesse de la biodiversité et de la vie qu’elles abritent.

Journée mondiale des zones humides 2022

Et chez nous ? Ça bouge ???

Ramsar France est une antenne très active depuis les années 80. De nombreux sites en France métropolitaine et en outre-mer ont réussi à être labellisés pour bénéficier de cette distinction et protection.
Ramsar France étudie constamment les prochaines zones humides qui pourraient être protégées afin d’inciter les acteurs régionaux à s’investir dans cette démarche et bénéficier de tous les soutiens qui existent pour parvenir à labelliser leur territoire.

Un autre acteur très investi pour la protection de ces zones humides et plus particulièrement sur les rivières est l’association Rivières Sauvages.
Rivières Sauvages mène des projets de labellisation de rivières entières ou des tronçons en France et en Europe pour protéger ces joyaux à forte valeur patrimoniale. Par cette dynamique et avec le concours de fonds privés et publics, d’une équipe de scientifiques et de l’engouement des collectivités territoriales candidates, de belles rivières retrouvent leur essence originelle avec un développement induit de la biodiversité présente dans ces zones humides.

Cette culture de la nature, Fishare y est sensible et c’est la raison pour laquelle nous avons récemment adhéré à l’association Rivières Sauvages.

Bien évidemment les actions sont nombreuses également grâce à toutes les AAPPMA (Association Agrée pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques) qui mènent des projets de sauvegarde, d’entretien et de réhabilitation des cours d’eau ou autres zones humides. Les pêcheurs ne sont pas les seuls bénéficiaires de leurs actions, par leur investissement elles contribuent surtout à l’amélioration des biotopes et donc à favoriser le développement de toutes une biodiversité endémique à la zone protégée. Un prix est décerné d’ailleurs pour les associations qui veulent présenter un projet en compétition : le Prix Charles Ritz.

La FNPF (Fédération Nationale de Pêche en France) et ses fédérations régionales et départementales affiliées a également fait part de son souci à mettre en avant cette fragilité de l’eau et des rivières en lançant l’année dernière une campagne de sensibilisation et un manifeste pour l’urgence de la protection des milieux aquatiques avec le thème #sauvonsnosrivieres.

Les agences de l’eau et l’OFB (Office Français pour la Biodiversité) sont également des acteurs majeurs qui travaillent à la protection des zones humides et de leur biodiversité. Une politique de sensibilisation, de protection qui s’organise autour d’une dynamique de savoir restaurer, préserver, aménager et éduquer.

Nous vous conseillons également le site enimmersion-eau.fr qui, par des infographies et vidéos efficaces, permet au grand public et aux plus jeunes générations de comprendre les enjeux de l’eau.

Et vous ?

Nous serions intéressés de connaître votre petit ou grand pas en faveur de notre biodiversité des zones humides !
Avez-vous initié, réalisé un projet, participé à une action pour aider à la préservation ou sauvegarde de votre environnement aquatique préféré ?
Nous serions ravis que vous nous détaillez votre action dans les commentaires du blog !
Un commentaire que nous pourrons diffuser sur notre page Facebook Fishare afin de vous mettre à l’honneur et peut-être entraîner d’autres à témoigner ou imiter votre initiative.
Nous nous sommes rassemblés autour de la pêche et les poissons, rassemblons-nous également autour de leur écosystème aquatique !

Merci à toutes et tous pour votre soutien et votre fidélité au mouvement FISHARE.

L’équipe Fishare.

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